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“de tinieblas” pour chœur et dispositif électronique - première en 2019
Notes de travail
Comme l’écrit le poète espagnol José Ángel Valente (1929-2000) dans l’« auto-lecture » en postface à son recueil de 1980, « les textes de Trois leçons de ténèbres tirent leur origine de la musique. D’abord, et avant tout, des leçons de Couperin. Ensuite, de celles de Victoria, de Thomas Tallis, de Charpentier, de Delalande. Du lent dépôt de ces compositions se dégagea peu à peu, se forma peu à peu un principe de base unique, un mouvement originaire, ce mouvement qui sous-tend toute progression harmonique et que l’on a justement appelé Ursatz. »
De la musique à la poésie, et de nouveau à la musique, Valente trace pour le  compositeur l'itinéraire à suivre entre les quatorze textes de ce recueil entendus « comme quatorze variations sur le mouvement originaire que libèrent les quatorze premières lettres (qui, bien entendu, sont lettres et nombres) de l’alphabet hébreu. » Et encore: « La création dépendrait de la mesure dans laquelle le compositeur peut faire converger (par tâtonnements et attente) sa propre énergie avec l'Ursatz. Ce qu’en musique on appelle variation serait, de ce point de vue, un mode de méditation créatrice sur le mouvement originaire, sur une forme universelle. »

La pièce que je voudrais écrire d'après les textes de Tres lecciones de tinieblas se rattache donc à l'histoire de ce genre musical liturgique créé en France au XVIIe siècle et destiné au premier des trois nocturnes qui accompagnent chaque office des Ténèbres ; disparaissant dans la première moitié du XVIIIe siècle, il fournit un thème lyrique souvent évoqué en littérature jusqu'à l'époque contemporaine.
Cette composition est pour chœur symphonique (minimum 24 éléments) auquel s'intègre un traitement électronique en temps réel et un ensemble instrumental de douze musiciens auquel l’électronique applique certains traitements issus des parties vocales.
L’électronique permettrait d’ajouter au chœur réel organisé à 3, 4, 5, 6, 7, 8 parties réelles, un chœur virtuel de façon subreptice, fantomatique ou totalement envahissante, selon deux modalités principales :
1- dans le même espace que le chœur réel (densification/saturation harmonique-polyphonique ou bien filtrage spectral) ;
2- dans un autre espace que le chœur réel (répons, miroir, écho, illusion).
Dans le premier cas, pour l'électronique, il s'agira de temps réel à partir d'une captation à sections (S-Ms-A-T-Bar-B), plus un soliste pour chaque famille, plus une captation générale de l’ensemble du chœur ; et de temps réels simulés (déclenchements d'un bon nombre d'échantillons préenregistrés de la même formation). Objectif: la multiplication de voix solistes, des sections, éventuellement du chœur  entier.
Dans le deuxième cas, pour l'électronique, il s'agira de temps réel sur une captation générale, et sur captations par sections. Objectif: la spatialisation et le filtrage du chœur et du chœur démultiplié.

La durée de la pièce est de 30 minutes environ.
Le partenaire de ce projet est l’IRCAM (Thomas Goepfer, en qualité de réalisateur en informatique musicale).    


Textes : José Ángel Valente (1929-2000), Tres Lecciones de Tinieblas, 1980.
 
Stefano Gervasoni 3.11.2016
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