Inquadrami
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for: trombone and percussion
duration: 13'
commission: Contrechamps, Geneva
first performance: 10.5.11, Geneva, Studio Ernest-Ansermet, Jean-Marc Daviet, François Volpé
publisher: Edizioni Suvini Zerboni
catalogue number: S. 13572 Z.
Introduction
La météo m’a toujours intéressé. Enfant, je voulais être météorologue ; je suis très sensible aux changements du temps, au point d’être météoropathe ; les bouleversements climatiques me bouleversent – surtout quand l’homme parvient à modifier les équilibres du climat…
Pour le spectacle « Ciel! Ça tonne! », dans lequel s’intègre le duo « Nube obbediente », je m’intéresse à un concept qui est à la base du comportement humain face au temps, et pourrait être pris en considération pour ses implications éthiques : le respect et la règle.
Respecter une règle exige d’être conforme à une loi considérée comme supérieure aux contingences et aux exigences particulières d’un individu et comme fondement d’un rapport entre les êtres humains.
Face au temps atmosphérique, c’est une loi naturelle, plus ou moins bien acceptée, qui dicte ses règles : il pleut, je prends mon parapluie ou mon chapeau ou mon imperméable ; il fait froid, je m’habille plus chaudement…
Se conformer au temps qu’il fait requiert une forme d’obéissance aux phénomènes naturels qui est hors de discussion et d’autant plus partagée que la rigueur du temps se fait considérable (très froid, très chaud, trop de pluie, une tempête…). L’apprentissage de cette discipline vis-à-vis du temps est spontané.
Cette idée d’acceptation est à la base de l’éducation d’un enfant, qui apprend peu à peu la discipline d’une série de règles imposées, utiles à son évolution et à sa formation individuelle et sociale, il les intériorise et il les met en actes de manière quasi spontanée, comme si elles étaient devenues naturelles.
C’est très intéressant pour un musicien météoropathe de remarquer que le mot obéir dans son étymologie latine contient le mot ouïr (obœdire, dérivation d’ouïr, avec le préfixe ob en fonction d’intensification). Ouïr, donc, pour mieux comprendre et accepter les lois sécrètes du son. Dans la version italienne, ouïr – obbedire – semble vouloir aller encore plus loin: ouïr pour dire. Voilà en quoi le travail d’un compositeur ressemble à celui du météorologue : scruter les voix du ciel pour dire le temps que le temps a décidé de faire, comme un compositeur scrute les lois du son, ce que ses vibrations sonores portent comme du vent et lui parlent – comme une bonne mère parle à son fils et le temps aux hommes –, obéir à ces règles et le dire à ses auditeurs.
 
Stefano Gervasoni, 14.4.201
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